Deux familles, pas trois§

Les catalogues rangent les destratificateurs par fixation : suspendu sous charpente, fixé au mur, posé au sol. La fiche CEE raisonne autrement. Elle décrit deux manières de déplacer l’air, et fixe pour chacune des seuils distincts. Le montage n’apparaît nulle part dans le texte.

Le premier régime est l’écoulement vertical. L’appareil aspire l’air chaud à au plus un mètre du plafond et le renvoie vers le bas. La vitesse mesurée au sol doit rester entre 0,1 et 0,3 m/s : assez pour brasser le volume, assez peu pour ne pas créer de courant d’air sur les occupants. C’est le fonctionnement d’un appareil suspendu.

Différents modèles de destratificateurs d’air : suspendu, mural et sur pied
Trois montages, deux régimes d’écoulement seulement au sens de la fiche CEE.

L’écoulement horizontal, moins connu

Le second régime aspire les couches d’air sur toute la hauteur du local. Le texte encadre les deux extrémités : le point le plus bas d’aspiration se situe à au plus un mètre du sol, le point le plus haut à au plus un mètre du plafond. Le flux entre diffuseur et collecteur reste horizontal, entre 0,01 et 0,3 m/s en tout point. L’appareil doit en outre contenir un dispositif de mélange de l’air aspiré. Ces contraintes décrivent un équipement vertical au sol ou en applique murale, pas un ventilateur de poste.

  • Suspendu : le cas standard au-delà de 7 mètres. Libère le sol, traite toute la hauteur, aucune reprise de circulation.
  • Mural en applique : utile quand la charpente ne reprend pas de charge ou quand un faux-plafond interdit la suspension.
  • Sur pied : réservé aux locaux où ni le plafond ni les murs ne sont exploitables. Il occupe de la surface au sol et impose de protéger le passage.

Ce que chaque régime impose§

Comparer les deux régimes revient à comparer trois choses : où l’appareil prend l’air, à quelle vitesse il le restitue, et quel équipement il embarque. Le tableau ci-dessous reprend les seuils exacts de la fiche tertiaire.

  1. Relever la hauteur sous faîtage. Au-delà de 7 mètres, le suspendu s’impose presque toujours : un appareil au sol devrait propulser l’air trop loin.
  2. Vérifier la reprise de charge. Une charpente qui ne reprend pas le poids oriente vers le mural ou le sol, avec le régime horizontal et ses contraintes propres.
  3. Contrôler l’encombrement au sol. Un appareil sur pied immobilise une surface et impose un balisage dans un local de production.

Les seuils, côte à côte

Les deux régimes partagent deux exigences : le bruit au sol reste strictement inférieur à 45 dB, et le système obéit à une sonde de température placée entre l’appareil et le plafond. Tout le reste diffère.

Seuils comparés des deux régimes d’écoulement de la fiche BAT-TH-142.
Critère Écoulement vertical (suspendu) Écoulement horizontal (sur pied, mural)
Point d’aspiration À au plus 1 m du plafond. Sur toute la hauteur : point bas à au plus 1 m du sol, point haut à au plus 1 m du plafond.
Vitesse d’air De 0,1 à 0,3 m/s, mesurée au sol. De 0,01 à 0,3 m/s, en tout point du local.
Équipement requis Asservissement à une sonde en partie haute. Même asservissement, plus un dispositif de mélange de l’air aspiré.

Source : fiche BAT-TH-142, sections 3.1 et 3.2. La fiche industrielle IND-BA-110 ne distingue pas les régimes : elle demande seulement un thermostat et une hauteur d’au moins 5 mètres.

En pratique, le suspendu domine§

Dans un gymnase, un entrepôt ou un atelier de plus de 7 mètres, le suspendu répond mieux au problème. Il attaque la couche chaude à la source, sous le faîtage, là où elle se forme. Il ne consomme aucune surface exploitable et n’entre pas dans les flux de circulation. C’est aussi le montage pour lequel l’offre du marché est la plus large.

L’aspiration de l’air s’effectue à au plus un mètre du plafond. Il permet un flux d’air orienté vers le sol ayant une vitesse minimale de 0,1 m/s et maximale de 0,3 m/s au sol.
Fiche BAT-TH-142, section 3.1

Quand le sol ou le mur s’impose

Trois situations écartent la suspension : une charpente qui ne reprend pas la charge, un faux-plafond ou une verrière qui interdit la fixation, et un local classé où le percement est contraint. Le mural en applique répond aux deux premières. Le sur pied ne se justifie que si aucune paroi ne convient. Dans ces cas, exigez du fournisseur la preuve que l’appareil satisfait les seuils de l’écoulement horizontal, dispositif de mélange compris.

Ce qu’il faut retenir§

Le montage découle des contraintes du bâtiment, pas d’une préférence. Au-delà de 7 mètres avec une charpente saine, le suspendu s’impose. Ailleurs, le mural ou le sol restent recevables, à condition que l’appareil coche les seuils du régime horizontal.

Le seul vrai critère éliminatoire n’est donc pas la fixation mais la conception. Demandez la fiche technique avant le devis : elle doit annoncer la vitesse d’air, le niveau sonore et le mode d’asservissement. Sans ces trois chiffres, aucun dossier ne tiendra.

Sources