La fiche BAT-TH-142 est l’opération standardisée qui finance la mise en place d’un système de déstratification d’air dans un bâtiment tertiaire existant. Elle fixe des conditions précises : hauteur du local, sens et vitesse du flux d’air, asservissement et niveau sonore. Elle fixe aussi un barème en kWh cumac, fonction de la zone climatique, de la hauteur et de la puissance de chauffage installée. Cette page reprend le texte officiel, condition par condition. Pour l’industrie, voir la fiche IND-BA-110, et pour le dispositif dans son ensemble notre page financement CEE.
Ce que finance la fiche BAT-TH-142
L’opération couvre la mise en place d’un système de déstratification d’air destiné à homogénéiser la température d’un local de grande hauteur chauffé par un système convectif ou radiatif. Le texte définit ce système comme un équipement qui redistribue la chaleur située à proximité du plafond vers le sol, sans apport de chaleur propre, et indépendant du système de chauffage.
Deux points méritent attention. D’abord, le secteur d’application est le bâtiment tertiaire existant : ni le neuf, ni le résidentiel, ni l’industrie. Ensuite, la fiche s’applique aux opérations engagées jusqu’au 30 juin 2028, ce qui borne l’horizon des projets.
Ce qui n’entre pas dans le champ
- Les bâtiments industriels, qui relèvent de la fiche IND-BA-110.
- Les bâtiments neufs : la fiche vise l’existant.
- Les équipements qui produisent leur propre chaleur, exclus par la définition même du système.
Conditions d’éligibilité
La fiche impose d’abord que la mise en place soit réalisée par un professionnel. Aucune qualification n’est nommée : le RGE, obligatoire sur le résidentiel, ne conditionne pas les opérations tertiaires.
Hauteur du local
Le local équipé doit présenter une hauteur sous plafond ou sous faîtage d’au moins cinq mètres. En dessous, la stratification existe mais l’écart thermique reste trop faible pour justifier l’opération.
Sens du flux : deux régimes distincts
Le texte ne classe pas les appareils par mode de fixation mais par type d’écoulement. Chacun a ses propres seuils, résumés ci-dessous.
| Critère | Écoulement vertical | Écoulement horizontal |
|---|---|---|
| Point d’aspiration | À au plus 1 m du plafond. | Sur toute la hauteur : point bas à au plus 1 m du sol, point haut à au plus 1 m du plafond. |
| Vitesse d’air | De 0,1 à 0,3 m/s, mesurée au sol. | De 0,01 à 0,3 m/s, en tout point du local. |
| Équipement | Asservissement à une sonde placée entre l’appareil et le plafond. | Même asservissement, plus un dispositif de mélange de l’air aspiré. |
| Niveau sonore | Strictement inférieur à 45 dB au sol. | Strictement inférieur à 45 dB. |
Valeurs reprises des sections 3.1 et 3.2 de la fiche officielle. Attention : plusieurs sites reprennent des seuils inexacts, notamment « 0,2 m/s à un mètre du sol » ou une limite de puissance en W/m³ qui n’existe pas dans le texte.
La note de dimensionnement
C’est le document justificatif spécifique de l’opération. Établie par un professionnel ou un bureau d’études, elle précise au minimum la hauteur du local et le descriptif des moyens de chauffage avec leurs puissances. Elle donne ensuite les préconisations d’installation : nature de l’écoulement et nombre de destratificateurs. Le nombre d’équipements installés doit rester cohérent avec ce qu’elle préconise.
Montant de la prime : comment il se calcule
Le montant de certificats s’exprime en kWh cumac et se détermine pour l’ensemble du local chauffé. La formule est un forfait multiplié par la puissance nominale du système de chauffage du local, exprimée en kilowatts. Trois variables entrent en jeu : la zone climatique, la hauteur du local et la nature du chauffage, convectif ou radiatif.
Barème : bâtiments sportifs et transports, chauffage convectif
| Zone climatique | 5 ≤ h < 7 | 7 ≤ h < 10 | 10 ≤ h < 15 | 15 ≤ h < 20 | h ≥ 20 |
|---|---|---|---|---|---|
| H1 | 900 | 2 700 | 5 100 | 7 200 | 8 000 |
| H2 | 1 000 | 3 100 | 5 700 | 7 800 | 8 600 |
| H3 | 1 300 | 4 000 | 7 000 | 9 100 | 9 900 |
Barème relevé le 5 septembre 2026 dans la fiche officielle. Ces valeurs se multiplient par la puissance nominale P du système de chauffage convectif du local, en kW. Un chauffage radiatif ouvre un barème distinct, nettement plus bas.
Un exemple de calcul
Un gymnase en zone H2, hauteur 9 mètres, chauffé par aérothermes d’une puissance nominale cumulée de 150 kW, génère 3 100 × 150 = 465 000 kWh cumac. La prime versée dépend ensuite du prix du kWh cumac au moment du dépôt, qui varie selon le marché et l’obligé. C’est pourquoi aucun montant en euros ne peut être annoncé avant étude : seul le volume de certificats est calculable à l’avance.
Durée de vie conventionnelle
La fiche retient 15 ans. C’est l’horizon sur lequel l’économie est valorisée, et une raison de plus de soigner le dimensionnement : un appareil sous-dimensionné restera en place aussi longtemps qu’un appareil correctement calculé.
Quels bâtiments sont concernés
Le barème distingue plusieurs familles d’usage, avec des forfaits différents. Les bâtiments sportifs et de transport bénéficient des valeurs les plus élevées ; les commerces, spectacles, loisirs et lieux de culte relèvent d’un second barème. Voici les pages du site consacrées aux cas les plus fréquents.
- Gymnases et complexes sportifs, qui cumulent grande hauteur et ouvrants fréquents.
- Établissements scolaires : préaux, salles polyvalentes, ateliers pédagogiques.
- Bâtiments municipaux et salles des fêtes.
- Centres commerciaux et grandes surfaces.
- Hôtellerie, santé privée et bureaux de grande hauteur.
- Gares et aérogares, qui relèvent du barème transport.
Les pièces du dossier
Un dossier BAT-TH-142 tient sur quatre pièces, dont l’ordre chronologique compte autant que le contenu.
- L’offre de prime, datée avant la signature du devis. Le dispositif repose sur le rôle actif et incitatif : un devis signé en premier rend l’opération inéligible, sans régularisation possible.
- La note de dimensionnement, document justificatif spécifique, établie avant les travaux.
- La preuve de réalisation. Elle mentionne la mise en place de destratificateurs asservis à une mesure de température au plafond. Elle indique aussi leur nombre, l’orientation du flux d’air, la vitesse de l’air au sol et le niveau de bruit au sol.
- L’attestation sur l’honneur signée par le bénéficiaire.
À défaut des mentions détaillées sur la facture, le texte accepte que la preuve indique les marques, références et nombre d’équipements. Un document du fabricant, ou d’un organisme accrédité selon la norme NF EN ISO/CEI 17065 par le COFRAC, vient alors la compléter. Mieux vaut cependant porter les mentions directement sur la facture : cela évite de dépendre d’un tiers au moment du dépôt.
BAT-TH-142 et les autres fiches
La déstratification en bâtiment industriel relève de la fiche IND-BA-110, dont les conditions sont plus légères : un thermostat suffit, sans seuil de bruit ni de vitesse d’air. Le critère de partage est l’usage du local, pas l’activité de l’entreprise.
La gestion technique du bâtiment a sa propre fiche, BAT-TH-116, avec ses classes de régulation et ses exclusions de surfaces. Elle n’est jamais nécessaire pour rendre des destratificateurs éligibles : une sonde de température en partie haute suffit.
Fiches CEE LED supprimées au 25 février 2026
L’éclairage LED n’est plus finançable par la fiche BAT-EQ-127. Un projet de relamping doit donc être budgété séparément de l’opération de déstratification relevant de BAT-TH-142.